Abécédaire

Lettre B

Basys

Berlusconi

Betacarte

Bourret

BASYS : 1986, l'informatique entre au service de l'information sur La 5. La direction technique chargée du dossier équipe la future rédaction d'un progiciel (ensemble de programmes conçu pour différents utilisateurs en vue d'une même application)de salle de presse : le Basys news. Le système anglo-américain est à l'époque l'un des plus performants du marché. La 5 devient la première chaîne européenne à se doter d'un tel outil informatique. 128 terminaux sont alors installés à la direction de l'information et dans la News Room. Leur fonction : gérer l'information en provenance des agences de presse. 24 heures sur 24, les fils AFP, ACP, AP. et Reuter tombent sur les écrans. Reçues en temps réel, les dépêches assurent le relais essentiel entre l'Info et l'image. Opérationnel en juillet 87, le Basys fera des émules. Des représentants des chaînes publiques (Antenne 2 et FR3) arpentent les couloirs de La 5 pour jeter un coup d'œil aux performances du système.

 

BERLUSCONI : En Italie, on le surnomme "Sua Emittenza". A 56 ans, Silvio Berlusconi est à la tête d'un groupe d'affaires qui frappe tout azimut : l'immobilier, la télévision commerciale, les compagnies d'assurances, les supermarchés, le football, la production et la distribution de films et la gestion des salles de cinéma. Bref, un véritable empire qui génère au bas mot 34 000 emplois. Fin 85, Silvio Berlusconi débarque en France et devient l'opérateur (avec Jérôme Seydoux, PDG des Chargeurs Réunis) de la première chaîne française privée et gratuite : La 5. Berlusconi, actionnaire de la première à la dernière heure de La 5, donne à la chaîne "son strass et ses paillettes". Amanda Lear, Roger Zabel, Christian Morin s'installent à l'antenne. Quelques mois plus tard. Hersant entre dans le capital. Patrick Sabatier, Patrick Sébastien, Stéphane Collaro et Philippe Bouvard défendent alors les couleurs de La 5.

 

Le 4 juillet 1989, le déficit cumulé atteint les 794,8 Millions de francs. Pas d'inquiétude du côté des actionnaires, il est normal qu'une chaîne qui démarre soit en déficit pendant deux ou trois ans. Les bénéfices, ce sera pour plus tard. 1990 : nouveau tournant chez les opérateurs de la chaîne. Seydoux se retire. Hachette arrive. Hersant perd le pouvoir. Silvio Berlusconi conserve ses 25 % du capital. Le déficit cumulé continue de s'aggraver. Fin 1991, il dépasse les 3 milliards. Hachette jette l'éponge, annonce un plan social et 576 licenciements.

Silvio Berlusconi joue alors sa dernière carte et présente le 3 février 1992 un plan de continuation de la chaîne avec une augmentation de capital de 1,5 milliard, une modification du tour de table et le maintien de la quasi-totalité des emplois. Pour les salariés de La 5, l'espoir a désormais l'accent italien. Espoir de courte durée, Silvio Berlusconi se met hors course, cédant aux pressions des banquiers, avant même la décision finale du Tribunal de Commerce. Défait mais pas vaincu, Silvio Berlusconi n'a pas abandonné la partie. L'imperator a encore quelques cartes dans son jeu. Il attend juste la nouvelle donne.

 

BETACARTE : 1988 : La Cinq est la première chaîne française et européenne à informatiser sa régie publicitaire. Le matériel High-Tech est japonais, son nom de code : LMS Betacarte. Une armoire de 6 mètres de long capable de recevoir 1000 cassettes de spots publicitaires : un véritable juke box de 2 millions de Francs piloté par 6 magnétoscopes. Symbolique du chiffre : la Betacarte de La 5 est le cinquième exemplaire.

 

BOURRET : 11 Septembre 1987, 12 heures 30. Générique du premier journal de La 5. "Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour". Jean-Claude Bourret apparaît à l'écran. Le trac et la tension gagnent toute l'équipe. Les six semaines de répétition avant le jour J ont toutes été ponctuées d'incidents techniques. Le 14 septembre, la régie finale retient son souffle, pianote d'un doigt les consoles du plateau. La technique doit tenir ! 13 H 30, Jean-Claude, Bourret rend l'antenne. Miracle tout s'est bien passé. Le présentateur vedette savoure avec la rédaction sa première édition.

Et le miracle va se répéter sept jours durant. Le 8 éme jour, c'est la panne en direct. 20 minutes sans images et sans son. Avoir créé une nouvelle formule pour le journal de la mi-journée (1 heure en direct avec des infos, un débat - le Duel ! - une partie magazine) est peut-être ce qui rend Jean-Claude Bourret le plus fier. 3 janvier 1992 : nouveau défi : Jean-Claude Bourret lance l'Association de Défense de La 5. Un engouement inespéré. Les téléspectateurs ont perdu une bataille, mais n'ont pas perdu l'espoir d'une renaissance. Le combat pour La 5 continue.

 

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